D’un groupe d’amis qui retroussent leurs manches pour bâtir un habitat partagé à la hauteur de leurs convictions, à une ancienne directrice d’école qui troque les bancs de l’école pour proposer à nos ainés un lieu de vie rempli de sa présence et de sa bienveillance, l’aventure ChaHut’Âge continue de mettre sur notre chemin des personnes et des lieux colorés, vivants, inspirants.









Sylvie a choisi de créer la maison Saint Jean à belley (01) après un coup de cœur pour cette grande maison de 400m2 de la fin du 18ième siècle. N’étant ni du métier, ni de la région, il lui en a fallu de courage et de convictions pour créer ce lieu accueillant, depuis 2022, dix personnes âgées en colocation. Nous avons adoré visiter la maison et papoter avec quelques habitants qui n’auraient échangé leur place pour rien au monde. Les chambres se louent 1650€/mois, services et repas inclus, dans cette belle maison au jardin rempli de charme et très bien située au centre de cette petite ville bien agréable. Cinq personnes se relaient à tour de rôle pour assurer une présence chaque jour et animer la vie de la maison. Sur ce dernier point, on a été épatées par toutes les propositions que Sylvie a su mettre sur pied et les nombreux acteurs locaux (enfants de l’accueil de loisir, pianiste, professeur de Chi kong…) qui rendent régulièrement visite aux habitants. Loin d’édulcorer la réalité, la maîtresse de maison nous a avoué, avec honnêteté, les débuts difficiles, les doutes, les locataires caractériels … Il faut dire qu’il nous est apparu un peu fou ( certains diraient inconscient … ) de monter un tel projet dans un territoire que l’on ne connait pas, quand on sait l’importance du réseau pour ce type de projet, et dans une ancienne maison à étages, quand on la destine aux personnes âgées … mais Sylvie semble avoir trouvé, avec le temps, la bonne recette : une énergie débordante, de la bonne humeur à toutes épreuves, un savant équilibre entre les espaces privatifs, ceux communs, et ceux ouverts sur l’extérieur. Elle a surtout su s’entourer des bonnes personnes, à commencer par sa fille, qui travaille désormais quelques jours par semaine avec elle, et aussi du réseau, désormais bien connu, établi et solide, des Maisons Marguerite. Sans lui, il faut le dire, l’aventure n’aurait probablement pas vu le jour et il continue d’apporter encore aujourd’hui, trois ans après l’ouverture, une expertise, un soutien et des conseils indispensables.








Nous avons ensuite mis le cap sur Confignon (Genève) où un de mes collègues nous a ouvert les portes du tout premier bâtiment construit par la coopérative Equilibre. Il a fait parte de l’aventure dès ses débuts en 2010, pris part aux concertations, à une partie des travaux, réalisés par les futurs habitants, et bénéficie aujourd’hui d’un cadre de vie exceptionnel pour un loyer deux fois moins élevé que sur le reste du canton.
Mais au delà des considérations financières, c’est surtout un mode de vie sobre, basé sur le collectif et respectueux de l’environnement qui l’a amené, à l’origine, vers ce très beau projet. Composé de 13 appartements de différentes tailles, reliés façade sud, par dès coursives communicantes, ce premier bâtiment favorise la mixité intergénérationelle et le partage. En témoignent les nombreux espaces communs : une grande salle de « réunion », une chambre d’amis, une buanderie, ou encore un poulailler et un atelier de bricolage bien fourni au fond du jardin. Les habitants s’engagent à ne pas posséder de voiture personelle – la coopérative ayant fait l’aquisition de trois véhicules de taille différente, mais également à ne pas occuper un appartement plus grand que nécessaire selon la taille de leur foyer et les appartements s’interchangent donc au grès des années.
On compte de nombreuses coopératives d’habitants en Suisse, et notamment à Genève, mais cet immeuble à taille humaine, est exemplaire sur plus d’un domaine. Il a été par exemple le premier bâtiment en locatif de Suisse à traiter entièrement et de manière autonome ses eaux usées : des toilettes sèches à compost dans chaque appartement traitent les eaux brunes alors qu’un système de phyto-épuration traite les eaux grises avant rejet sur le réseau d’eaux claire. Pas de syndic de copropriété ici : les habitants assurent l’auto-gestion de leur immeuble et pour le ménage des parties communes … ? et bien ce sont les adolescents de l’immeuble qui, à tour de rôle, s’en chargent, ce qui leur permet de se faire un peu d’argent tout en limitant les frais pour les habitants.
Depuis la construction de ce premier bâtiment à Cressy, la coopérative Equilibre a grandi et compte aujourd’hui 4 immeubles terminés et 7 en projet. Nous nous réjouissons de voir fleurir ce type d’alternatives d’habitats, véritablement inspirantes, et ne manquerons pas de vous en reparler lors du prochain article … restez attentifs donc !














































































