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Des vies, des lieux, des envies

D’un groupe d’amis qui retroussent leurs manches pour bâtir un habitat partagé à la hauteur de leurs convictions, à une ancienne directrice d’école qui troque les bancs de l’école pour proposer à nos ainés un lieu de vie rempli de sa présence et de sa bienveillance, l’aventure ChaHut’Âge continue de mettre sur notre chemin des personnes et des lieux colorés, vivants, inspirants.

Sylvie a choisi de créer la maison Saint Jean à belley (01) après un coup de cœur pour cette grande maison de 400m2 de la fin du 18ième siècle. N’étant ni du métier, ni de la région, il lui en a fallu de courage et de convictions pour créer ce lieu accueillant, depuis 2022, dix personnes âgées en colocation. Nous avons adoré visiter la maison et papoter avec quelques habitants qui n’auraient échangé leur place pour rien au monde. Les chambres se louent 1650€/mois, services et repas inclus, dans cette belle maison au jardin rempli de charme et très bien située au centre de cette petite ville bien agréable. Cinq personnes se relaient à tour de rôle pour assurer une présence chaque jour et animer la vie de la maison. Sur ce dernier point, on a été épatées par toutes les propositions que Sylvie a su mettre sur pied et les nombreux acteurs locaux (enfants de l’accueil de loisir, pianiste, professeur de Chi kong…) qui rendent régulièrement visite aux habitants. Loin d’édulcorer la réalité, la maîtresse de maison nous a avoué, avec honnêteté, les débuts difficiles, les doutes, les locataires caractériels … Il faut dire qu’il nous est apparu un peu fou ( certains diraient inconscient … ) de monter un tel projet dans un territoire que l’on ne connait pas, quand on sait l’importance du réseau pour ce type de projet, et dans une ancienne maison à étages, quand on la destine aux personnes âgées … mais Sylvie semble avoir trouvé, avec le temps, la bonne recette : une énergie débordante, de la bonne humeur à toutes épreuves, un savant équilibre entre les espaces privatifs, ceux communs, et ceux ouverts sur l’extérieur. Elle a surtout su s’entourer des bonnes personnes, à commencer par sa fille, qui travaille désormais quelques jours par semaine avec elle, et aussi du réseau, désormais bien connu, établi et solide, des Maisons Marguerite. Sans lui, il faut le dire, l’aventure n’aurait probablement pas vu le jour et il continue d’apporter encore aujourd’hui, trois ans après l’ouverture, une expertise, un soutien et des conseils indispensables.

Nous avons ensuite mis le cap sur Confignon (Genève) où un de mes collègues nous a ouvert les portes du tout premier bâtiment construit par la coopérative Equilibre. Il a fait parte de l’aventure dès ses débuts en 2010, pris part aux concertations, à une partie des travaux, réalisés par les futurs habitants, et bénéficie aujourd’hui d’un cadre de vie exceptionnel pour un loyer deux fois moins élevé que sur le reste du canton.

Mais au delà des considérations financières, c’est surtout un mode de vie sobre, basé sur le collectif et respectueux de l’environnement qui l’a amené, à l’origine, vers ce très beau projet. Composé de 13 appartements de différentes tailles, reliés façade sud, par dès coursives communicantes, ce premier bâtiment favorise la mixité intergénérationelle et le partage. En témoignent les nombreux espaces communs : une grande salle de « réunion », une chambre d’amis, une buanderie, ou encore un poulailler et un atelier de bricolage bien fourni au fond du jardin. Les habitants s’engagent à ne pas posséder de voiture personelle – la coopérative ayant fait l’aquisition de trois véhicules de taille différente, mais également à ne pas occuper un appartement plus grand que nécessaire selon la taille de leur foyer et les appartements s’interchangent donc au grès des années.

On compte de nombreuses coopératives d’habitants en Suisse, et notamment à Genève, mais cet immeuble à taille humaine, est exemplaire sur plus d’un domaine. Il a été par exemple le premier bâtiment en locatif de Suisse à traiter entièrement et de manière autonome ses eaux usées : des toilettes sèches à compost dans chaque appartement traitent les eaux brunes alors qu’un système de phyto-épuration traite les eaux grises avant rejet sur le réseau d’eaux claire. Pas de syndic de copropriété ici : les habitants assurent l’auto-gestion de leur immeuble et pour le ménage des parties communes … ? et bien ce sont les adolescents de l’immeuble qui, à tour de rôle, s’en chargent, ce qui leur permet de se faire un peu d’argent tout en limitant les frais pour les habitants.

Depuis la construction de ce premier bâtiment à Cressy, la coopérative Equilibre a grandi et compte aujourd’hui 4 immeubles terminés et 7 en projet. Nous nous réjouissons de voir fleurir ce type d’alternatives d’habitats, véritablement inspirantes, et ne manquerons pas de vous en reparler lors du prochain article … restez attentifs donc !

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Notre doux rayon de soleil provençal

C’est au moment où les gens nous quittent qu’on se rend compte de tout ce qu’on leur trouvait de remarquable, de ce qui a pu faire leur vie, de ce qui subsistera d’eux dans nos souvenirs.

C’est souvent l’occasion d’un arrêt sur images, d’une prise de recul vis-à-vis de notre quotidien au rythme effréné :

Et moi… quel chemin ai-je emprunté, quelle direction suis-je en train de donner à ma vie ?

Qu’est-ce qui guide mes choix ?

Que retiendra-t-on de moi, de ce que j’aurai accompli ?

D’Eugène me reviendra toujours à l’oreille son accent chantant récitant les chansons de son enfance en Provence et les cagettes remplies de fraises, pêches et melons du marché de Velleron. Sa gourmandise mise à rude épreuve par un diabète coriace, sa volonté de se maintenir autonome le plus longtemps possible et son second degré infaillible. Il m’a toujours impressionnée avec ses récits d’ascension du Mont-Blanc, d’épopées à vélo en haut du mont Ventoux, à 70 ans passés ou de ses virées familiales dans le camping-car aménagé entièrement par ses soins !

Une belle vie, longue, riche et fertile ! À l’image de son engagement sans faille, durant sa longue carrière de médecin de famille comme on n’en voit plus aujourd’hui.

Si j’ai choisi, pour inspirer le dessin du jour, cette photo prise lors de la thèse de médecine de sa petite-fille, c’est pour toute la fierté que je peux lire dans ses yeux. Symbole de tout ce qu’il aura su transmettre autour de lui : ses valeurs, son amour de la vie, sa joie de vivre ; elle me fait penser à toutes ces personnes qui nous accompagnent, chacune à leur manière, sur un petit bout du chemin de notre vie. Elles nous guident dans nos choix, nous encouragent, nous portent, souvent même sans qu’on s’en rende compte.

Aujourd’hui, la boucle est bouclée : une boucle solide, fermement nouée, reliant chaque membre de cette famille. Une boucle infinie, qui ne s’arrête pas là. Chacun repart aux quatre coins de la France, emportant un petit peu du soleil provençal et la chaleur du regard bienveillant d’Eugène qui nous encourage à gravir désormais nos propres sommets.

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Des nouvelles … mais pas celles attendues

…Silence radio sur le blog … ?

C’est vrai, les trois derniers mois de l’année ont été difficiles, avec un petit passage à vide. Plus qu’un simple coup de mou, on a surfé le creux de la vague, voire nagé en eaux profondes ! Si en janvier je remonte, personnellement, doucement à la surface, j’avoue ne pas avoir le courage pour replonger tout de suite dans les dossiers, formulaires, bilans comptables et autres joies administratives du monde associatif. Je préfère faire l’étoile de mer quelques temps, en admirant le ciel bleu.

La raison de ce gros coup de frein ? Les réponses négatives à répétition et toutes nos tentatives pour faire enfin démarrer le projet qui échouent. Des dizaines de week-ends ou soirées passées à espérer une première main tendue qu’on attend toujours.

On se laisse porter, et on verra où cela nous mènera, fini les objectifs qui ne semblent là que pour nous faire tomber de haut. En 2025, on accueille les surprises comme elles voudront bien venir et sans pression. Nous avons en effet décidé, avec les autres bénévoles, de nous concentrer cette année sur de petits projets qui nous tiennent à cœur, moins engageants, moins ambitieux, mais au contact direct des personnes âgées, et ça, je réalise que ça m’avait manqué !

Pour commencer, vendredi prochain, je devais jouer avec des amis musiciens à la MAPAD voisine (= un ehpad en plus petit). Malheureusement c’est annulé pour raison sanitaire … personne n’est autorisé à y entrer ces prochains jours … il doit y avoir de bonnes raisons mais quelle tristesse de priver ce bel auditoire qui nous attendait 😦

On dit que la musique adoucit les mœurs : je confirme et ses pouvoirs sur notre âme semblent augmenter exponentiellement avec l’âge …

Nous sommes aussi en réflexion autour de l’organisation possible d’un ciné-débat ou encore d’une pièce de théâtre qu’une troupe d’un village voisin nous a généreusement proposé sa contribution à notre projet !

Et pour terminer, un dernier évènement ( et pas des moindres ), qui se fait de plus en plus concret chaque jour : notre premier atelier de sensibilisation : « Pensons ensemble nos habitats de demain ». On y travaille dur et on est fiers de vous présenter enfin le flyer ! Si vous êtes dans la région le 18 mars prochain, n’hésitez pas à vous inscrire, ou à partager l’évènement autour de vous !

Avec les mauvaises nouvelles à répétition, et un projet d’habitat qui n’avance pas, il est difficile de garder sa motivation, de continuer à s’investir, souvent au détriment de temps passé avec sa famille, ou bien même de garder confiance en nos capacités à porter un tel projet. Pourtant s’il y a une chose qui a su m’apaiser pendant les congés de fin d’année, et me donner un peu d’estime pour le travail accompli, c’est bien de continuer à dessiner dans mon petit carnet de voy’ÂGE !

Le dessin du jour n’a, de prime abord, pas forcément grand choses à voir avec ce moral en berne et les nouvelles partagées dans cet article. Mais vous auriez été déçus de devoir vous contenter de l’affiche, aussi jolie soit elle ;p

Alors j’ai pris mes pinceaux pour dessiner ces statues Jizo toutes mignonnes, en souvenir du Japon, visité il y a 10 ans déjà ! Elles incarnent la protection et le réconfort dans les moments de difficultés et de souffrance. Alors que je constate chaque jour le manque de perspectives et de moyens accordés aux initiatives dédiées aux plus âgés, et que je perds doucement l’espoir de mener un jour à bien ce projet qui leur était destiné, c’est aussi au cours des dernières semaines que j’ai pu réaliser le soutien que beaucoup m’ont témoigné. Ces encouragements ont signifié énormément pour moi, tout particulièrement face au silence et à la froideur des institutions publiques et privées auxquelles on a affaire.

Ces petites statuettes, symbole de bienveillance et de soutien mutuel me redonnent le sourire. Elles ont habituellement plutôt le visage de petits enfants, car elles sont censées veiller sur eux. Je leur ai volontairement ajouté quelques rides et années … c’est sur nous que celles-ci veillent, ne l’oublions pas.

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Mettons la main à la pâte !

À la fin d’une semaine marathon en mars dernier, voilà que je mettais mon réveil à 6h30… un samedi matin… pour m’en aller faire du pain. Autant dire que j’y allais sur les rotules… et un peu à reculons… enfin avec ma voiture tout de même car je devais y amener trois autres personnes.

Et voilà que notre petit groupe, composé d’une douzaine de participants, bénévoles et personnes âgées des Petits Frères des Pauvres et du service municipal de la Vie Sociale de Gaillard, arrive au Fournil des Eparis à Viuz-la-Chiesaz (oui oui c’est à 1h de route… mais il parait que ça mérite vraiment le déplacement !). Je crois qu’il n’y a pas une personne du groupe qui ne se demande pas, à ce moment là, pourquoi elle a accepté de passer tout un samedi entier pour faire du pain avec des inconnus.

Nos hôtes nous accueillent : Paul, le maître des lieux, boulanger fraichement retraité mais passionné de son métier et qui ne semble pas vouloir arrêter ; Maxi, boulangère à ses heures perdues, et psychologue le reste du temps. En guise d’introduction, ils nous demandent à tour de rôle de raconter ce qu’évoque le pain pour nous. Un aliment hautement symbolique et fort en souvenirs et anecdotes.

Première bonne surprise, le groupe est très, très sympathique et la discussion s’amorce facilement. Puis on met la main à la pâte. Chacun dose, pétrit, détend, farine, rabat, et façonne 3kg de pains ! De toutes les formes, de toutes les couleurs, de toutes les tailles, on laisse libre cours à nos envies.

Entre chaque étape, on parle, on cuisine, on mange les pizzas de notre préparation, cuites au feu de bois dans l’immense four à pain… et on oublie bien vite qu’on a rechigné à venir le matin même.

Tous les participants sont repartis les bras chargés de pains (pour le plaisir des amis avec qui on les partagera), et un grand sourire aux lèvres. Chacun avait mis de côté, le temps d’une journée, ses soucis pour enfin apprendre à préparer cet aliment du quotidien qui sent bon notre enfance et croustille dans nos oreilles. Je te laisse admirer mon magnifique soleil… qui était aussi bon que beau et n’a pas fait long feu à la maison.

Cette journée a aussi été pour moi l’occasion d’observer et piocher quelques bonnes pratiques pour animer un atelier avec des personnes âgées : comment Paul et Maxi arrivaient à instaurer la confiance, amener le dialogue, par leur présence, leurs gestes, leur habile questionnement, parfois par un sourire encourageant, un regard bienveillant ou simplement un silence.

Cela risque de nous être fort utile quand notre tour viendra… et oui car en ce début d’année, nous avions rempli un dossier pour la création de nos premiers ateliers de sensibilisation « Pensons notre habitat de demain » à la Conférence des Financeurs. Nous étions les premières étonnées qu’ils nous renouvellent leur confiance et acceptent, du premier coup, notre demande. Nous avons depuis eu l’occasion d’en rediscuter avec eux et d’établir un projet de convention qu’on devrait officiellement signer en mai. Ce premier atelier sera l’occasion de réfléchir ensemble à comment notre lieux de vie peut contribuer à nous maintenir autonome sur notre territoire. L’objectif est surtout d’engager la réflexion, et de faire mieux connaître les ressources existantes en matière de logement ou d’adaptation du domicile. Nous irons notamment visiter un lieu de vie partagé déjà en fonctionnement dans le département, afin que chacun puisse se rendre compte, par lui-même et de la bouche des habitants, que ces habitats alternatifs sont souvent le lieu privilégié de belles expériences de vie et d’entraide.

Sur le papier, c’est figé … maintenant il ne reste plus qu’à tout organiser 😀 …

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À la recherche de la ruche !

Alors même que j’entamais le sprint final pour arriver à boucler cette semaine de folie qui s’annonçait, étonnamment, je n’avais qu’une envie : dessiner.

C’est étrange car d’ordinaire, je dois me faire un peu violence pour sortir pinceaux et crayons pour illustrer un article à venir… Là, alors que j’aurais dû tout faire sauf dessiner… je me suis surprise à éteindre mon ordinateur et délaisser (un temps) mon travail pour traduire sur le papier, et en couleurs, ce que je ressentais depuis des semaines : un « léger » surmenage, une vraie course contre le temps, une grande exaltation, le tout saupoudré de quelques doutes et pas mal de questions. Une image s’imposait, autant parce qu’elle prenait forme concrètement autour de moi en ce début de printemps, que parce qu’elle collait parfaitement à mon ressenti du moment : des abeilles butinant des centaines de fleurs de printemps pour en tirer le meilleur, en faire quelque chose de bon et de beau : du miel (dont je suis grande amatrice, tant dans ma tisane que sur mes tartines, soit dit en passant).

Qui avait-il de si excitant en ce premier jour de printemps 2024 ? Notre première réunion d’information voyons ! D’ailleurs peut-être que si tu lis cet article, c’est parce que tu nous auras fait l’immense plaisir de quitter ton nid bien douillet pour venir à notre rencontre, écouter notre proposition, nous partager ton avis, tes questions, nous signifier ton soutien ! 1000 mercis sincères et du fond du cœur !

Parce que cette réunion a été préparée en seulement un mois et demi, que nous avons placardé nos affiches dans tout Bons-en-Chablais dans l’espoir de toucher les gens par une simple phrase ou un dessin, que nous avons créé une page Facebook pour l’occasion, en espérant atteindre plus de gens, activé notre réseau local naissant, mais solide : aujourd’hui, on savoure. L’image de la ruche n’est pas exagérée, on a vraiment fait chauffer nos méninges et accompli un super travail d’équipe. Au final, sans trop savoir si des personnes allaient faire l’effort de nous consacrer une soirée, ni si le sujet allait susciter suffisamment d’intérêt localement, ce sont plus de 40 personnes qui sont venues. L’objectif était de faire connaître l’association, mais surtout de tester l’idée auprès des habitants. Mission réussie ! Ce fut un vrai échange, riche et toujours très bienveillant, ponctué par de beaux témoignages, tout particulièrement celui de Jacqueline Collomb : elle a fait naître des étoiles dans nos yeux en nous parlant de la vie au domicile regroupé de Loisin et des petits gestes d’entraide qu’elle observait au quotidien.

« Petit à petit, l’oiseau fait son nid »… Pour nous ce serait plutôt l’essaim qui cherche sa ruche, mais la finalité est la même. Pas à pas, doucement mais sûrement, nous avançons. Cette réunion, et la préparation qui l’a précédée, a été une belle preuve de l’importance de la dimension collective dans un projet de ce type, et qu’il nous faut encore travailler dans ce sens pour nous construire un réseau solide sur lequel on pourra s’appuyer à l’avenir. Chacun a apporté sa petite pierre et le projet d’édifice n’aurait probablement pas été aussi convaincant sans l’intervention de chacune d’entre nous, avec les connaissances et les expériences qui lui sont propres.

Pour ma part, j’ai réalisé qu’il n’est pas si difficile d’aller à la rencontre des gens et que leurs réactions sont, pour la grande majorité, très bienveillantes. Si on fait l’effort de faire le premier pas, si on les accueille, si on les écoute, alors on est surpris de découvrir bien plus d’humanité et de solidarité qu’on voudrait le croire.

Fatiguant ? Non, juste un peu…

Exaltant ? Oui, carrément : on ressort d’une telle réunion sur un petit nuage, avec une motivation décuplée et plein d’espoir.

On recommence quand ?… Pas maintenant, pour le moment je suis en vacances, et je profite !

Oui parce que je ne vais pas m’étendre sur le fait que j’avais eu la bonne idée de changer de boulot… la même semaine que la réunion d’information… et que je m’étais aussi engagée cette même semaine, à participer à un atelier pain d’une journée organisée par Les Petits Frères des Pauvres… mais ce dernier point sera pour un autre article !

En attendant j’espère t’avoir convaincu(e), lors de la réunion du 21 mars, ou par le biais de cet article, à rejoindre ou soutenir notre beau projet ? Tu peux nous suivre sur les réseaux ou adhérer (5€ ou plus). Un lien vers la page HelloAsso sera très bientôt en ligne sur ce blog à cette fin !

Merci de ton intérêt et à très vite pour de bonnes nouvelles on l’espère… (de la part de la Mairie notamment ce serait vraiment bien )…

Aurélie.

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Un mois de janvier au taquet !

La fréquence de publication d’articles sur ce blog semble inversement proportionnelle au travail fourni pour l’association… Mon dernier article remonte à plus d’un mois et pourtant entre temps nous avons…

  • Rempli notre premier dossier de demande de subventions à la mairie, avec un long travail de définition et de chiffrage de l’étude de faisabilité pour laquelle nous avons fait une demande de subvention « exceptionnelle » (oui parce qu’avec 200 euros je ne suis pas sûre qu’on aille bien loin…) ! L’occasion d’établir pour la première fois un bilan des comptes et un prévisionnel ! Afin de ne pas laisser désespérément vide la colonne « recettes » de ce dernier, il nous a bien fallu nous poser la question des manifestations auxquelles nous souhaitions participer (téléthon, semaine bleue, forum des associations…) mais également des activités que nous pouvions organiser pour nous faire connaître et lever quelques fonds. L’occasion d’un bon brainstorming au sein de l’équipe, qui s’est révélé très riche en propositions et plein de promesses !
  • Réalisé des documents de présentations de notre association et de ses bénévoles (merci Canva), afin de les utiliser lors de nos réponses aux appels à projets ou rendez-vous avec les acteurs du territoire. Il nous reste encore à réaliser notre logo… ce sera pour 2024 et nous commençons à y travailler.
  • Présenté notre association, et plus spécifiquement l’étude de faisabilité au Maire afin d’entamer la discussion au sujet du bâtiment communal qui nous semble le lieu idéal. Nous avions bien préparé le rendez-vous et la discussion a été fluide, pleine d’échanges encourageants et positifs. Nous sommes dans l’attente d’un second rendez-vous prochainement avec le directeur technique, et peut-être d’une présentation à l’ensemble du conseil municipal, ce qui serait vraiment une belle opportunité de défendre notre projet. Reste que le bâtiment visé fait déjà l’objet d’études pour d’autres aménagements donc ce n’est vraiment pas gagné mais nous avançons dans la bonne direction quoiqu’il en soit.
  • Répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt de la Conférence des Financeurs sur des actions de sensibilisation « pensons nos habitats de demain » permettant d’initier la réflexion autour de l’avancée en âge et les choix en matière de logement. L’occasion ici aussi d’envisager pour la première fois quels pourraient être le programme envisagé, les coûts, les objectifs recherchés… Pour en avoir discuté directement avec la personne en charge au Département, nous savons qu’il y a peu de chances que ça fonctionne cette année car nous sommes une jeune association et ce type d’actions n’a pas fait l’objet de financements jusqu’à présent localement, même si c’est le cas dans d’autres départements. Le but ici est plutôt de prendre en considération leurs retours et de présenter un dossier au top l’année prochaine. Nous aurions adoré pouvoir intégrer la participation au parcours « Prévention » organisé par Habit’Âge en fin d’année. Malheureusement, la Conférence des Financeurs ne permet par de financer des formations. Décidément, l’argent est toujours le nerf de la guerre et il est extrêmement difficile, pour une petite asso. qui démarre, d’obtenir des fonds pour les formations ou les études (ce qu’on appelle ingénierie de projet). On veut du concret, des résultats, le chemin pour y arriver est moins mis en valeur…

Après avoir été dans le feu de l’action pendant plusieurs semaines, la phase de calme et surtout d’attente qui suit n’est pas évidente. On prend vite conscience que, ce qu’on penserait être une affaire de quelques jours peut rapidement prendre quelques semaines voire mois quand il s’agit de passer par tous les étages d’une institution publique comme une commune ou le Département. Trois semaines après notre rendez-vous avec la mairie, on s’interroge forcément, et on aimerait être fixés, tout particulièrement pour permettre à notre architecte d’avancer dans son projet de fin d’étude, censé graviter autour de la réhabilitation de ce fameux bâtiment communal… Ce long silence est-il de mauvaise augure ou le simple reflet d’une différence de temporalité habituelle ?

Toujours est-il que j’ai participé cette semaine à une petite session de tutorat en visio avec l’association Habit’Âge. Encore une fois merci à Vanessa pour son super pouvoir de re-motivation des troupes ! On ne va pas se laisser abattre, ni se tourner les pouces en attendant un hypothétique réponse. Déroulons donc notre petit programme prévisionnel de 2024, sans plus attendre ! À l’ordre du jour de notre prochain café bénévole la semaine prochaine : organiser notre premier évènement à la rencontre des habitants de Bons-en-Chablais pour parler du projet, de nos idées, de nos envies et surtout… pour écouter, engranger les remarques, les craintes, les interrogations. Prendre des contacts, nouer les premiers liens, tester l’idée. Qui sait si ce qu’il en ressortira ne viendra pas nourrir le volet social de notre potentielle étude de faisabilité, ou encore appuyer nos discussions futures avec la commune ou le Département…

Le dessin du jour n’a rien à voir avec cet article… simplement un bel échange de regards capturé pendant les fêtes, pour remercier ceux qui auront pris le temps de lire ce très long article !

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2024 sera-t-elle l’année du concret et de l’action ?

Patience, patience et encore patience…

Ces derniers mois, les idées fourmillent dans nos têtes et on aimerait que le projet avance plus vite mais… tout ne dépend pas de nous et il faut donc s’armer de patience.

Après deux nouveaux ralliements très positifs pour l’association, notre petite équipe commence à avoir bonne mine, et surtout tout un panel de compétences précieuses et de l’énergie à revendre. Oui mais voilà, faut-il encore que le creuset soit favorable et adapté pour que la graine germe. On y travaille, on fait trois pas en avant puis un, voire deux en arrière. Un grand pas en arrière même début décembre quand, après des mois d’attente, tandis que nous étions prêtes et enthousiastes pour notre premier rendez-vous à la mairie, celui-ci s’est vu reporté à une date ultérieure sans trop de raison, et au pire moment… Car si le projet semble piétiner depuis le mois de juillet, c’est parce que nous envisageons de lui donner une direction légèrement différente de celle projetée au départ. Mais pour que cela puisse se faire… nous avons besoin d’un petit coup de pouce extérieur. Pas grand chose, juste un petit oui. Pas d’argent, juste de la confiance dans notre projet et dans tout ce qu’il porte.

Une opportunité à saisir qui demandait d’être réactives… La désillusion donc, d’autant que des échéances importantes arrivaient en janvier et on ne pouvait pas se permettre d’attendre deux mois supplémentaires.

Merci à ma chère cousine de m’avoir suggéré de provoquer le hasard et une rencontre… Oui mais comment ? Je ne suis pas toujours très à l’aise pour m’imposer ou demander des faveurs… Et je comprends bien que notre toute jeune association ne peut pas être la priorité d’un maire sollicité sur tous les fronts….

Je vais bien au marché avec l’espoir secret de le croiser… Mais non… J’envoie un long mail pour plaider notre cause à la mairie mais pas de réponse… Alors je regarde la date et l’agenda de la commune… et Ô bonheur du hasard, le conseil municipal a lieu une fois par mois et là… il se trouve que c’est demain.

Qui ne tente rien n’a rien… plus facile à dire qu’à faire quand même. Mais voilà donc comment je me suis retrouvée, à m’incruster pour la première fois de ma vie à un conseil municipal, sous les regards étonnés de tous les élus qui se demandaient si je ne m’étais pas trompée. Apparemment les citoyens spectateurs ne se bousculent pas au portillon du conseil municipal.

Après deux heures et demi de discussions et de débats, on arrive enfin à bout de l’ordre du jour. Expérience soit dit en passant intéressante et qui me donne une meilleure idée du fonctionnement et des processus de prise de décision dans une commune. Quand il s’agit de valider ou non des budgets supplémentaires, je suis rassurée de voir qu’il y a une vraie analyse derrière et un souhait de la part des élus, de comprendre les motivations et les visées de chaque demande. Je nourris l’espoir secret que les débats tourneront à notre avantage lorsque ce sera notre tour, si nous arrivons à susciter l’adhésion autour du projet et à justifier de son utilité pour la vitalité sociale de notre commune.

Le conseil terminé, je discute avec ma voisine, que je ne connais ni d’Ève ni d’Adam, mais à qui j’explique la raison de ma présence. C’est une des élues et elle se montre immédiatement très bienveillante envers notre projet et ma démarche. Je retiens sa petite phrase qu’elle me lance avant de quitter la salle du conseil :

« Parfois dans la vie, si on te ferme une porte au nez, et bien tu passes par la fenêtre »

Il est 23h30, et avant de rentrer chez moi je dois encore remplir ma mission. J’aborde donc M. le Maire qui connait mon nom et se souvient de mon projet (déjà c’est plutôt un bon signe). Je lui explique la situation et notre déception, et il me confirme qu’il n’a pas vraiment de disponibilités en ce moment mais pourrait peut-être voir avec d’autres élus plus disponibles. J’insiste sur la nécessité de saisir cette opportunité maintenant et sur l’importance de soutenir les petites initiatives bénévoles qui sont la vraie richesse d’une commune.

Dès le lendemain nous recevons une proposition pour un rendez vous d’une heure début janvier avec le maire et les élus. Malgré le froid et l’heure tardive, ils ne nous ont donc pas oubliées et nous terminons l’année satisfaites et pleines d’espoirs. À nous maintenant de nous montrer convaincantes et à la hauteur de l’enjeu !

Si tu es arrivé jusqu’au bout de cet article, je te remercie et te souhaite de très belles fêtes de fin d’année bien entouré. Que 2024 tienne toutes ses promesses et voit fleurir partout dans le monde la bienveillance et la joie.

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Appel à Projets, mon amour !

Une « charrette » est une tâche devant être accomplie dans un temps mesuré … je connaissais le terme puisque je travaille au quotidien avec des architectes, chaque rendu de concours est pour eux l’occasion de faire des heures jusque très tard dans la nuit. C’est d’ailleurs aux élèves architectes de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris qu’on doit cette expression à l’origine (comme quoi ce blog te permets d’apprendre plein de choses !).

Eh bien, la semaine dernière c’était à mon tour « d’être charrette » avec un énième rendu d’Appel à Projets (AAP) et je me suis donc fait une petite soirée pour réussir à boucler le dossier à temps. Le mois précédent j’avais connu une immense déception en ne réussissant pas, à quelques minutes près, à déposer celui pour la Fondation des Petits Frères des Pauvres pour lequel j’avais pourtant mis à contribution les autres bénévoles de l’association. Cette fois-ci, pour la Fondation Cognacq-Jay, on y est arrivés. Je n’ai pas refait la même erreur et j’ai donc téléchargé et étudié le dossier plusieurs semaines à l’avance … mais cela ne m’a pas empêché de le peaufiner jusqu’à minuit-cinq le dernier soir …

Tu vas me dire: ça sert à quoi au juste un Appel à Projets ? Et bien pour les petites associations qui démarrent comme la nôtre, c’est en gros notre principale source de financement pour permettre de se lancer, le premier petit coup de pouce d’où tout part. Parce qu’une étude de faisabilité ça coûte de l’agent, une campagne de communication aussi, les formations pour avoir les bons outils encore plus … on ne peut pas compter que sur les cotisations des premiers adhérents. Quelques AAP financent aujourd’hui cette phase peu visible mais pourtant indispensable qu’on appelle « ingénierie de projet » et on les en remercie infiniment.

Chaque AAP. est l’occasion pour nous de questionner notre projet, de reformuler son objet, sa forme, et de le faire évoluer aussi bien souvent. Même si les résultats sont rarement à la hauteur de nos espoirs, on en retire souvent du positif et c’est ce que je m’efforce de garder en mémoire. Ainsi un budget prévisionnel avait été établi dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Interêt (AMI) du Département en 2022, la vidéo de présentation « draw my project » avait été faite pour l’AAP de l’HAPA en 2020, celui pour le Fondation de Petits Frères des Pauvres de 2023 nous avait amenés à établir des devis d’architecte et de géomètre… petit à petit on remplit notre petite valise de ces outils qu’on ressort ensuite selon les besoins.

Pour l’AAP de la Fondation Cognacq-Jay, parmi les ressources demandées … un lien vers notre page Facebook, Linked’In ou Instagram… problème, nous n’en avions pas encore !

C’est ainsi qu’a vu le jour le compte Instagram de l’association : @chahutage74 ! L’occasion de partager un peu plus l’arrière du décor et des photos ou des réflexions qui n’auraient pas forcément trouvé leur place dans des articles du blog. Si cela permet aussi de toucher un public plus large que les seuls lecteurs de blogs, plus éloignés que les seuls habitants de Bons …. pourquoi pas !

Je ne peux que t’inviter trrrrrrrèèèèèèssssssss chaleureusement à la suivre. Plus nous serons nombreux, plus nous nous sentirons soutenus et plus nous aurons du poids vis-à-vis des différents acteurs du domaine qui …. choisissent les lauréats des appels à projets par exemple ????

Je te laisse en partageant, comme à mon habitude, un dessin que j’ai fait pendant les vacances de la Toussaint. Rien à voir avec le thème de cet article…. quoique toutes ces illustrations me sont bien utiles pour appuyer mon propos dans les dossiers d’AAP à remplir.

Qu’en dire si ce n’est mon émotion face à mon grand-père qui désignait fièrement le sujet dessiné sur mon carnet à ma fille. Puis ma grand-mère qui, en se découvrant, ne se reconnaissait pas mais souriait tendrement en écoutant ma fille lui assurer que « tu vois, là… c’est toi sur le dessin ! » ❤

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Quelque chose à vous dire …

Alors oui, c’est vrai, je n’ai pas été très loquace ces derniers mois … mais ce n’est pas parce que je me suis tourné les pouces … bien au contraire.

D’ailleurs j’ai même décidé de t’en parler en images car ce sera beaucoup plus parlant il me semble … et vu l’ampleur de la nouvelle, il fallait quand même marquer le coup !

PS: si toi par contre tu te tournes les pouces en ce moment … alors met les au boulot et vient nous filer un coup de main, on risque d’en avoir besoin !

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« Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs »

La semaine dernière j’ai appris avec tristesse le décès du curé de ma paroisse. Il a tiré sa révérence à 75 ans, après une vie bien remplie au service des autres. C’est la première personne que je côtoyais de près que ce satané virus emporte, et ça rend le rend tout de suite plus réel, plus cruel, plus effrayant.

Le mois précédent, une de mes amies perdait sa maman subitement. Comment vivre dans un monde qui semble si injuste, si imprévisible ?

Loin de moi l’idée de te déprimer avec cet article, je crois que le monde et ses actualités s’en chargent déjà bien assez. Mais c’est vrai que chaque année, à cette période, pour moi c’est toujours un peu la déprime. Le mois de novembre arrive, avec le froid, la nuit, la pluie… Et puis cette année, on a le confinement avec plus que jamais un besoin de contact, de lien, de vie. Par dessus tout cela, il y a l’angoisse et l’incertitude face à ce virus qui chamboule tout notre monde.

Ne pas savoir de quoi sera fait demain, ça fait peur. Moi qui ne suis pas super aventurière et aime plutôt tout maîtriser, ça me déstabilise.

Alors je voudrais partager avec toi un appel à vivre dans le présent et à condamner la négativité ambiante. Il s’agit d’une interview du philosophe André Comte-Sponville que j’ai écoutée il y a peu. Il vient d’écrire un livre sur Michel de Montaigne, ce penseur humaniste qui « nous enseigne un art du bonheur modeste ». J’étais en train de faire du jogging, la tête pleine des pensées du moment, et ça m’a justement permis de relativiser. J’étais en bonne santé, un petit rayon de soleil perçait même les nuages de novembre, et ils ont passé un magnifique morceau de violoncelle… Il ne m’en fallait juste pas plus pour être heureuse, prendre conscience de ma chance et profiter de la belle journée qui s’annonçait.

« Le malheur c’est quand toute joie vous paraît impossible. Le bonheur c’est le contraire. Ce n’est pas du tout une joie permanente, constante. Le bonheur c’est toute période de votre vie où la joie vous paraît continûment possible. Pas toujours réelle, mais continûment possible. Plutôt que d’être malheureux de n’être pas heureux, Montaigne nous apprend à être heureux de n’être pas malheureux ! »

André Comte-Sponville, interrogé par Elodie Fondacci pour Radioclassique

À la fin de l’interview, j’ai était interpelée par le passage sur son rapport avec la mort, et ce que la lecture des écrits de Montaigne lui avait apporté. Ce n’est pas un sujet avec lequel je suis à l’aise et j’évite généralement de l’aborder (et encore plus d’écrire un article dessus…). Pourtant depuis que je suis maman, encore plus qu’avant, l’angoisse du temps qui passe, de la maladie, de la perte d’un être cher hante régulièrement mes pensées. Parfois rien que de savoir qu’une situation heureuse va prendre fin à un moment ou à un autre m’empêche de profiter pleinement de cette situation. C’est simplement humain, je crois, de vouloir s’accrocher à ce qu’on aime et à ceux qu’on aime non ?

« Évitons que la peur de la mort l’emporte sur l’amour de la vie »: tel serait le premier conseil que nous adresserait, d’après le philosophe André Comte-Sponville, le célèbre penseur du XVIe siècle, Michel de Montaigne, s’il vivait à l’heure de la pandémie de la Covid-19″

Extrait de l’interview d’André Comte-Sponville sur France Inter

Je t’invite à lire ou écouter l’interview complète, ça ne servirait à rien de tout paraphraser sur ce blog. De mon côté en tous cas c’est décidé, pour les vacances de Noël, j’emmène mon nouveau meilleur ami avec moi…

Et en attendant d’avoir appris comment aimer la vie dans toutes ses imperfections, je te laisse méditer une citation de Montaigne que j’ai beaucoup aimée… et le petit dessin qu’elle m’a inspiré.

Courage à toi, le printemps reviendra !

« Je veux qu’on agisse ! Et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut, et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait. »

Michel de Montaigne, Les Essais, I, 20. 

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Ça y est … je me lance !

«  Vivre prudemment, sans prendre de risques, c’est risquer de ne pas vivre »

— Wladimir Wolf Gozin (écrivain et peintre français)

Cet article est le tout premier que je publie sur mon nouveau blog. Enfin sur mon blog tout court, car je n’en avais pas avant… Ça ne parait rien comme ça, un blog… mais pour moi, ça marque un point de départ, le début de quelque chose encore flou mais qui accapare mes espoirs et mes pensées. C’est virtuel et pourtant si concret à mes yeux… Enfin !

Je n’ai pas de talent particulier pour l’écriture… Ce n’est pas le but, d’autre le font mieux que moi, mais mettre par écrit mon cheminement, mes réflexions, mes doutes, les obstacles et – j’y compte bien – les réussites que je rencontrerai dans ce projet permettra de garder une trace. ça pourra aussi, qui sait, inspirer ou aider certains d’entre vous qui, comme moi, n’osaient pas.

J’aurais pu continuer à noircir les pages de mon journal intime avec les mille et unes questions que je me pose… ou prolonger ma réflexion encore quelques années de plus… Après tout, j’ai le temps… Mais ce blog est finalement une manière de rendre tout ça réel, officiel…

Il ne me reste donc plus qu’à cliquer sur le bouton « Publier » et ce sera parti. Je ne sais pas où tout cela va me mener mais je m’engage à vous tenir informés, et j’espère que vous serez nombreux à suivre mes pérégrinations sur le chemin de l’entreprenariat… Le mot est lancé !

Vive les grands-parents !

Lors de notre dernière assemblée générale, en mai dernier, nous avons pris la décision de mettre le projet ChaHut’Âge en pause pendant une année.

La première raison était la faible probabilité que de nouvelles perspectives apparaissent avant les élections municipales de mars 2026. Nous gardons bon espoir que celles-ci apportent un vent de renouveau et une dynamique nouvelle autour d’un projet à long terme mené en partenariat avec la commune.

La deuxième était mon besoin de me recentrer et de consacrer un peu plus de temps à ma famille et à moi-même aussi. De me focaliser sur le positif, à un moment où les échecs successifs avec ChaHut’Âge m’avaient affectée plus que je ne le souhaitais.

En ce temps de grandes vacances, je trouve un peu de repos et profite de la chance d’avoir des parents et des beaux-parents disponibles et super volontaires pour s’occuper de leurs petits-enfants et nous soulager ainsi pendant quelques jours.

Ce dimanche 27 juillet, les Catholiques célèbrent la journée mondiale des grands-parents. Une petite pensée spéciale pour tous les grands-parents et pour ceux à qui ils apportent tout leur amour et de tendres souvenirs.

Pour moi, le souvenir de vacances en Normandie est immanquablement le ramassage des mûres en bordure des champs du pays de Caux et la tarte délicieuse que faisait ma grand-mère ensuite. La semaine dernière, je n’ai donc pas pu résister à aller cueillir celles qui me narguaient dans le champ des voisins, tellement elles sont belles et nombreuses cette année. Ah… Nostalgie quand tu nous tiens !

Cette recette de tarte aux mûres est tellement délicieuse que tout le monde en redemande et je ne peux pas vous quitter sans la partager. Vous ferez des heureux croyez-moi, et qui sait, cela vous rappellera aussi peut-être de tendres souvenirs d’enfance ?

À très vite et bon repos cet été pour tous !

BON APPÉTIT !

Retour sur notre 1er atelier de sensibilisation

Sur une idée originale de l’association Habit’Âge, qui développe ce type d’atelier sur un format un peu plus long depuis des années, nous avons décidé d’organiser une journée afin de réfléchir ensemble à comment « comment se projeter pour habiter le bien vieillir ? ».

Une fois le financement de la Conférence des Financeurs obtenu, les bénévoles se sont mobilisés pour apporter leur petite touche personnelle et façonner cette journée à l’image de ChaHut’Âge. À notre grande satisfaction, l’atelier a affiché complet et chacun des 15 participants est venu curieux de s’informer, rencontrer et échanger. Entre yoga de l’espace, café philo, repas « gastro », scrabble coopératif… il y en avait pour tous les goûts.

Cette journée n’aurait pas été possible sans le soutien de la commune de Loisin qui nous a accueillies et ouvert les portes de ses Domiciles Regroupés. Un lieu de vie résolument VIVANT, où nous pouvons tous être témoins de l’entraide, de l’attachement qui a su naître entre les habitants. Avec les bénévoles, les autres habitants de l’immeuble ou encore les intervenants extérieurs, c’est à chaque fois des liens forts qui se sont créés. Ils ont défriché et fléché le chemin, et sont un levier incomparable pour toutes les personnes, comme nous, qui aimeraient voir s’essaimer partout sur le territoire, de telles initiatives. Point d’orgue de notre journée, cette visite nous aura donné le sourire, nous aura encouragées dans notre projet associatif, et aura inspiré certains…

Je te laisse sur un très joli texte écrit et lu par notre chère bénévole Claire-Lise en introduction de cette belle journée. Il fait parfois bon revenir à l’origine des mots pour se souvenir de ce qui fait la richesse et la beauté de notre langue et leur redonner tout leur sens.

A très bientôt !

« HABITER DEMAIN »

Halle des Prés de la Colombière – Bons-en-Chablais – 5 octobre 2024

En parallèle, nous commençons aussi la préparation de notre premier atelier « Pensons notre habitat de demain » qui se tiendra en mars prochain. Il fait bon, à cette occasion, de revenir aux définitions, de potasser les études sociologiques existantes, et de s’interroger sur ce qui semble souvent trop commun pour qu’on prenne le temps de s’y attarder :

Il est vrai qu’à moins d’être un vrai aventurier en quête de terres inconnues et de nouvelles rencontres au quotidien, la majorité d’entre nous aime investir pleinement le lieu où il ou elle habite. On tient à son petit chez-soi : véritable cocon, décoré et meublé avec soin au fil des années et de nos envies, reflet de notre personnalité, de notre mode de vie, il en exprime tout autant sur nous que nos propres mots, nos vêtements, nos loisirs…

Dès lors, quand nos capacités physiques, nos ressources, nos besoins, sont autant de freins qui ne nous permettent plus de choisir notre lieu de vie, comment s’épanouir ? Se sentir digne ?

Un court article sur ce blog et un dessin plein de couleurs, destiné à tous les « résidents » d’aujourd’hui et de demain, qui ne choisissent ni la couleur ni les meubles de leur chambre, ni les personnes qui y pénètreront, ni à quelle heure elles viendront, ni comment elles s’habilleront, ni ce qu’elles mangeront.

Ceux dont les désirs se sont tus depuis longtemps, mais qui, chaque jour nous inspirent, donnent du sens à notre projet et font redoubler de motivation tous les bénévoles et adhérents de notre petite association.

À très vite, pour continuer notre chemin ensemble !

Nos si chers ChaHut’eurs !

Aujourd’hui ça y est, je vous présente enfin notre fine équipe et vous en dis un peu plus sur celles et ceux qui font vivre ChaHut’Âge, et façonnent doucement, mais sûrement, ce projet.

Un petit collectif local qui est à la fois le socle indispensable grâce à qui tout arrive, et aussi le point de départ. Même si il faut bien un fou (ou une folle) pour initier l’idée, c’est l’engouement que le projet peut susciter, c’est chaque nouveau bénévole qui adhère à ses valeurs, ce sont nos expériences, idées et énergies mises en commun qui créent cette émulation si précieuse et fertile.

La valeur ajoutée d’un collectif n’est plus à démontrer, surtout pour des projets complexes, longs et impliquant un réseau de partenaires très large. Un collectif amène aussi son lot de débats, de remises en question, une diversité de points de vue, qui bien que parfois difficiles à intégrer, se révèlent nécessaires et très constructifs.

Chaque bénévole a rejoint l’association pour des raisons qui lui sont propres, que ce soit pour s’engager localement dans un projet citoyen, pour co-construire une proposition d’habitat qu’il ou elle aimerait trouver demain, pour le côté artistique un brun onirique du projet, pour se laisser aller à imaginer ce que pourrait être demain si on s’en donnait les moyens…

En bon ChaHut’eur, on s’implique à la hauteur du temps disponible et de nos centres d’intérêts. On se rencontre au moins une fois par mois pour décider ensemble des quelques activités, événements et projets à développer. Ce sont encore les débuts donc on tâtonne un peu mais notre équipe a déjà fière allure.

Je n’en dis pas plus et je laisse chacun se présenter… en espérant, pourquoi pas, réveiller quelques vocations et voir cette liste continuer de s’allonger dans les mois à venir !

Rejoins-nous !

« Les vieux » attendent toujours …

Enfin un nouvel article sur ce blog, avec un dessin qui illustre mon état d’esprit du moment : une conviction intacte et grandissante que notre projet en vaut la chandelle et que nous devons redoubler d’efforts pour le réaliser… et en même temps un sentiment d’impuissance et d’injustice de voir que si peu de gens se préoccupent du sort des personnes âgées et que notre projet dépend en partie de décisions sur lesquelles nous avons peu d’emprise.

Tu l’auras peut être reconnu mais ce dessin est inspiré de l’affiche du documentaire « Les Vieux » de Claus Drexel que je suis allée voir avec Anne, une des incroyables bénévoles de notre association. On y entend les récits de vie de personnes nées avant-guerre, entrecoupés par des paysages magnifiques de leur région respective, et j’ai trouvé que cela faisait merveilleusement ressortir l’essentiel : ce qui fait une vie c’est l’amour, qu’on a partagé, qu’on a reçu. Pas un seul ne parle des choses matérielles, mais uniquement des rencontres, des amitiés, des amours, et aussi tristement des départs. L’absence, la solitude hantent ce film du début à la fin. Pour autant, c’est un très beau documentaire et je ne l’ai pas trouvé triste mais qui nous amène à réfléchir sur nos priorités. La jolie centenaire sur l’affiche, toute de rose vêtue, a conservé un humour piquant et un vrai sens de l’autodérision.

Oui mais combien de temps nos ainés, que trop souvent on relègue au second plan, devront-ils encore attendre avant que nous puissions enfin leur proposer des solutions dignes et adaptées à leurs désirs ? Combien d’entre nous se seront découragés avant cela, devant l’absence de signes d’encouragement, de mains tendues, de réponses… ?

Avec la création de ChaHut’Âge, je découvre jour après jour les subtilités, les joies et les déconvenues du monde associatif. C’est une grande source de bonheur de découvrir chaque mois de nouveaux adhérents, et de constater que le projet fédère autour d’un idéal commun et met sur mon chemin des personnes qu’il ne m’aurait pas été donné de croiser autrement.

Le mois de mai est un mois particulier pour les attributions d’appels à projet, de demandes de subventions, de prises de décisions… C’est le moment où les choses se débloquent, quand d’autres tombent à l’eau.  

En ce qui nous concerne, nous étions suspendues aux décisions du conseil municipal et patientions sagement depuis notre rendez-vous en mairie de janvier et février dernier avec le Maire et le Directeur des services. Une réponse au plus tard en mai nous avait été promise, les réponses aux demandes de subventions étant votées à ce moment-là. Nous savions que les choses n’étaient pas gagnées d’avance mais nous gardions espoir…

Au tout premier jour de mai, deux réponses à des appels à projets tombaient :

NÉGATIVE pour l’appel à projet de la fondation Legrand

NÉGATIVE pour l’accompagnement Prémices à Lyon (Incubateur spécialisé dans l’ESS).

…À chaque fois, ce sont des associations aux reins bien plus solides, souvent avec des salariés et des actions déjà bien installées qui ont été choisies. Les arguments qu’on nous avancent sont souvent les mêmes, notre collectif est très solide et bien ancré localement mais… il nous faut sécuriser un bâtiment et avoir finalisé une étude de faisabilité avant de pouvoir prétendre aller plus loin… difficile à entendre quand justement c’est dans ce but précis que nous aurions besoin d’un petit coup de pouce.

Ne serait-ce pas un peu le chat qui se mord la queue ?…

Grande déception et gros coup de mou… D’autant que nous n’avons toujours aucune réponse de la mairie… alors fin mai on se décide à leur envoyer un mail timide, histoire de savoir où en sont les choses…

À ce moment-là, ce qui me fait le plus mal, c’est de voir notre petite équipe de bénévoles qui grandit petit à petit, et de constater que, sans forcément avoir besoin de déployer d’immenses efforts, nous sommes nombreux à vouloir donner un peu de notre temps de notre énergie pour un projet auquel on croit.

Il ne manquerait vraiment que quelques gouttes d’eau sur toutes ces graines prometteuses – d’ailleurs il en tombe pas mal du ciel en ce moment – ne pourraient-elles pas venir d’ailleurs aussi ? Quel gâchis ce serait de ne pas exploiter ce gisement si précieux de compétences, d’expériences à partager, de bonnes volontés et d’énergies positives, pour faire bouger un peu les lignes !

Début juin, enfin une petite lueur d’espoir, un regain de motivation, quand nous recevons fin mai la réponse du Fond De la Vie Associative que nous avions également sollicité. Parmi les 296 demandes déposées, notre dossier a reçu une réponse favorable et la sommes de 1799 euros nous est allouée, comme aide au développement de notre projet associatif. En 2024, c’est 484 399€ que l’État va verser rien qu’en Haute-Savoie, pour justement aider les petites associations qui démarrent ou lancent un projet, et qui ont besoin de premiers fonds. Ça pourra paraître dérisoire pour les mastodontes de l’associatif mais cette petite main tendue a vraiment signifié beaucoup et est arrivée à un moment où nous en avions le plus besoin.

Aujourd’hui, alors que nous arrivons gentiment fin juin, nous préparons notre prochaine rencontre, sous forme d’un pique-nique partagé dans la joie et la bonne humeur. Toujours aucun signe de vie de la mairie malgré une quatrième relance. Qu’à cela ne tienne, nous allons redoubler d’efforts et d’imagination pour trouver un nouveau lieu qui nous fera tout autant rêver… si possible sans avoir à attendre un an les réponses cette fois-ci…

À très bientôt pour la suite de nos aventures !

Je tenais à remercier tout particulièrement le Ciné Actuel d’Annemasse qui a fait cadeau à notre association de l’affiche du film, dans l’espoir qu’elle trône un jour fièrement dans la salle commune de notre maison partagée !!

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