Un léger coup d’accélérateur

En mai dernier, j’avais répondu à l’Appel à Manifestation d’Intérêt organisé par le Département ayant pour but de favoriser l’émergence de nouveaux projets d’habitats inclusifs pour personnes âgées ou en situation de handicap. Jusqu’alors, je n’avais pas eu beaucoup de succès avec les précédents appels à projet car trop en amont dans ma réflexion. Ici, c’était un peu différent car il s’agissait de recenser les projets avec un horizon d’ouverture allant jusqu’en 2029. Je ne pouvais juste pas passer à côté, même si mon projet était au point mort depuis de longs mois, partiellement pour cause de congé maternité (oui oui j’ai une bonne excuse ^^). Après en avoir discuté avec les personnes en charge au Département, qui m’ont encouragée à tenter ma chance, j’ai donc monté mon dossier, entre deux micro-siestes de bébé, et avec pour but plutôt de faire connaître Chahut’Âge auprès du Département. Il se trouve que j’ai reçu une réponse positive il y a 15 jours… et, plus que de l’étonnement, c’est surtout un peu d’appréhension voire de panique qui m’a envahie. Bien sûr c’est très positif… mais pas gagné pour autant ! J’ai participé à une réunion d’information jeudi à Annecy… histoire de voir à quelle sauce nous allions être mangés. J’ai trouvé l’accueil de l’équipe en charge de l’Autonomie au Département chaleureux et très encourageant. Ils sont là pour nous accompagner et nous soutenir, car c’est aussi leur objectif que les projets aboutissent et fassent des petits dans les années à venir.

Nous étions 19 porteurs de projets, principalement des communes ou des associations déjà actives dans le domaine, à être sélectionnés. On représente, en quelques sortes, la première fournée test en Haute-Savoie de ce dispositif tout neuf qu’est l’Aide à la Vie Partagée (AVP). Cette aide est versée par la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA) à chaque habitant d’une petite unité de vie, s’inscrivant dans la cité, et ayant un réel projet de vie partagée (habitat inclusif). Elle sert à financer les fonctions d’animation, de gestion, de régulation des liens entre les résidents et l’extérieur, ou de coordination des interventions extérieures. J’ai trouvé cela encourageant de voir que les choses allaient enfin dans la bonne direction et que des fonds étaient attribués pour le développement du vivre ensemble, pour la création de liens, pour l’autonomisation des personnes âgée dans leur choix de vie et non plus seulement des aides pour les tâches de la vie quotidienne, pour des prestations médicales…

Là où les choses se compliquent un peu pour moi, c’est que les conventions doivent être signées avant… la fin de l’année, donc dans… trois mois. Et que cela implique au minimum deux choses :

A : d’avoir une personne morale pour la signer, autrement dit, avoir créé une entreprise ou une association.

B : de pouvoir justifier le montant demandé pour l’AVP, qui peut varier entre 3000€ et 10 000€/ an et par habitant. Cela veut dire connaître précisément le nombre d’habitants, la nature et le coût du projet de vie social.

Dans moins d’un mois, je suis déjà censée rendre mon avant-projet de convention… et je suis à la fois excitée et paniquée par cette perspective. J’avais rencontré à nouveau des membres du CCAS de Bons-en-Chablais en juin dernier, et il n’y a malheureusement pas d’ouverture à attendre de leur côté. Mon projet se recentre donc autour de la rénovation ou extension du bâtiment en ruine situé dans notre jardin. Il s’agit de ne pas se tromper et ne pas faire n’importe quoi car cela aura aussi un impact sur notre vie personnelle. C’est suffisamment important pour ne pas se précipiter et bien y réfléchir, malgré les délais plus que courts.

En résumé, les mois à venir s’annonce plus que chargés pour moi. C’est exaltant mais un peu angoissant aussi. Heureusement cette semaine je suis tombée sur ce reportage d’Arte que j’ai trouvé magnifique et que je voulais te partager parce qu’il me conforte dans l’idée qu’on vieillit mieux quand on est entouré et choyé. Prends le temps de regarder car c’est vraiment une belle histoire.

À très bientôt pour la suite de mes aventures…

C’est la rentrée !

Septembre s’annonce, et c’est le moment parfait pour se motiver et reprendre les bonnes habitudes… comme par exemple la rédaction d’articles pour ce blog ! On est nombreux à redoubler de motivation pour cette rentrée et à prendre de bonnes résolutions. Si jamais tu as de la bougeotte, un peu de temps libre, mais pas trop d’idées de comment l’occuper, alors n’oublie pas que ce weekend a lieu, dans la plupart des villes, le forum des associations ! Pour ma part, je tiens le stand des Petits Frères des Pauvres samedi matin à Annemasse, et on espère trouver quelques nouveaux bénévoles sympathiques pour rejoindre notre jeune et dynamique équipe.

Avec mon mari, nous avons les bras bien occupés depuis quelques mois avec la venue de notre deuxième enfant. Pour autant, j’essaie de me tenir à mon engagement avec les Petits frères des Pauvres et continuer à visiter et appeler régulièrement Noëlle. Heureusement, j’ai été rejointe par Jaime, un nouveau bénévole qui vient aussi la voir les semaines où je ne peux pas, ou quand je suis en vacances.

L’été, c’est toujours une période difficile pour les personnes âgées, tout particulièrement en EHPAD où ce n’est déjà pas habituellement hyper vivant, mais où, en juillet et août, les couloirs sont tristement déserts. Alors je dégaine mon stylo et me remets à envoyer quelques bonne vieilles cartes postales ou encore j’organise une petite sortie au restaurant avec Noëlle et Jaime. C’était toute une logistique pour sortir avec son fauteuil roulant mais ce rare moment de vie lui a redonné un peu le sourire.

Et toi alors, as-tu pensé à prendre ton téléphone pour appeler une personne que tu savais un peu seule cet été ? As-tu envoyé une lettre ou des photos à ceux que les nouvelles technologies dépassent encore aujourd’hui ? Et bien allez, au boulot ! Quelques minutes dans ton emploi du temps de ministre qui feront sans doute beaucoup de bien à ceux qui ne savent pas comment remplir le leur.

À très vite et bonne rentrée !

un forum / une formation

Je profite de ces quelques heures pendant lesquelles je tiens le stand des Petits Frères des Pauvres au forum Atouts Âges d’Annemasse (deux journées pour échanger autour du bien vieillir), pour donner de mes nouvelles sur le blog. Il faut avouer que les visiteurs ne se bousculent pas vraiment – à se demander où sont toutes ces personnes âgées et isolées dont on nous parle tant… Pourtant, le petit orchestre guinguette qui fait l’animation aurait, je n’en doute pas, plu à nombre d’entre elles !

Si on regarde le côté positif, ce sont tous ces bénévoles d’associations qui tiennent les stands et les jeunes motivés qui y effectuent leur service civique : ça donne le moral. Les solutions pour nos ainés ne sont certes pas parfaites mais elles existent… Faut-il encore se donner la peine de les découvrir et de les faire vivre.

Comme dans toute action de ce genre, il suffit de peu pour que ça en vaille la peine. À défaut de personnes âgées isolées qui soient venues solliciter un accompagnement, nous avons rencontré plusieurs personnes qui ne connaissaient pas nos actions, ne savaient pas qu’une antenne existait à Annemasse, et surtout une dame bien sympathique très intéressée pour intégrer l’équipe de bénévoles. En cette période où nous avons de plus en plus de signalement de personnes isolées et peu de nouvelles recrues, ça suffit à me donner le sourire !

La semaine dernière j’ai aussi pu profiter d’une nouvelle journée de formation qui s’inscrivait un peu dans la continuité de celle sur l’écoute que j’avais suivie à Lyon en mai dernier. Le thème cette fois était « Comment faire face à certains états qui font penser à la dépression ? » avec l’accent mis sur l’art-thérapie.

Je me suis déplacée cette fois-ci au centre social de Fontaine, en périphérie de Grenoble et j’apprécie toujours autant de rencontrer des équipes de bénévoles différentes, avec des témoignages, des organisations, des expériences très variées. Globalement, le constat reste le même partout et on fait tous face à des situations similaires lors de nos accompagnements, mais les manières d’y répondre changent d’une personne à l’autre. C’est l’occasion de faire le plein de bons conseils et d’idées quant à l’attitude à adopter dans une situation particulière, les mots à trouver sur des sujets difficiles, les activités à proposer pour varier un peu de l’ordinaire…

Pour ce qui est de la partie « art-thérapie », ce ne sera sans doute pas facile de l’appliquer à Noëlle, la personne que j’accompagne actuellement. Ses articulations, tout particulièrement celles de ses mains sont déformées et la font souffrir donc elle ne peut plus tenir un stylo depuis longtemps. Maintenant, je vais quand même tenter de lui proposer, lors de ma prochaine visite, de dessiner avec elle son arbre de vie. Il s’agit de représenter symboliquement, ou via des mots-clés, et sous forme de racines, tronc, branches, fruits, nos qualités, valeurs, compétences, mais aussi les choses qu’on a accomplies ou les petits défis, les projets qu’on aimerait relever demain. On y ajoute aussi toutes les personnes qui comptent ou ont compté dans notre vie. Je pense qu’au-delà du dessin, c’est surtout un bon outil pour discuter de sujets que nous n’avons peut être pas encore abordés, de valoriser la personne qui a plutôt tendance à se sentir seule et inutile, ou juste de se remémorer les beaux moments, les belles rencontres de notre vie. En tous cas, le jour de la formation, on a pu clairement se rendre compte qu’en partant d’un énoncé identique, chacun interprétait l’exercice à sa façon, avait plus ou moins de talent en dessin et qu’aucun arbre ne ressemblait à son voisin ! Est-ce que ça accrochera avec Noëlle ?… Pas sûr, mais je ne perdrai rien à tenter l’expérience.

« Les fleurs, avant le pain »

Long time – no see ! Désolée, j’ai été accaparée par les travaux et notre déménagement. Nous sommes enfin installés à Bons-en-Chablais, le confort est encore un peu spartiate mais s’améliore de jour en jour, le grand jardin est là, et la vieille bâtisse toute décrépie dessus aussi. D’ailleurs elle semble dormir bien profondément et la végétation (par endroit je crois qu’on peut même appeler ça des arbres) qui pousse sur les façades et déloge les pierres et les tuiles une à une, me rappelle qu’il va falloir qu’on agisse un jour… si possible pas trop lointain…

Mais je dois avouer que mon projet est un peu au point mort depuis quelques mois. On s’imprègne d’abord du lieu, on fait notre petit nid dans cette nouvelle ville, on noue de nouvelles connaissances et, petit à petit, les questions trouveront des réponses et les choses se feront, je n’en doute pas.

En attendant il y a quand même une mission, dont je n’ai pas encore beaucoup parlé ici, mais qui m’occupe doucement depuis un an maintenant. Je crois avoir réussi à être plutôt persistante dans mon engagement malgré les occupations diverses des derniers mois. Vendredi dernier, le 1er octobre, il se trouve que c’était la journée internationale des personnes âgées. Alors je me suis dit qu’il était temps de reprendre la plume et de t’en toucher un mot !

En septembre 2020, j’ai rejoint l’équipe de bénévoles de l’association des Petits Frères des Pauvres à Annemasse. Elle œuvre partout en France pour aider des personnes âgées démunies et isolées. La principale action consiste en la visite régulière des personnes âgées qui en auront fait la demande mais l’association possède également des maisons de vacances ou des colocations de personnes âgées. En mai, j’ai aussi pu profiter de sa très riche offre de formations pour participer à une journée sur l’écoute.

On se réunit en général une fois par mois pour se donner des nouvelles, se soutenir ou partager des conseils. Le groupe, animé par notre chère coordinatrice Marion, est bien sympathique et plutôt dynamique. J’ai remarqué quand même une petite perte de motivation générale au fur et à mesure de la crise de la Covid et quelques bénévoles sont malheureusement partis ces derniers mois. Pourtant les personnes âgées ont besoin de nous plus que jamais aujourd’hui ! Voici le lien du site internet si tu veux en apprendre un peu plus sur l’association.

Très rapidement, j’ai donc rencontré Noëlle, un petit bout de femme adorable et super courageuse. Depuis trente ans, elle souffre de polyarthrite et ses articulations la font souffrir en permanence. Elle a encore toute sa tête et adore papoter. Elle est très coquette et adore faire les magasins, admirer les fleurs (sa saison préférée est le printemps, comme moi !) mais malheureusement sa maladie la prive petit à petit de tous ces petits plaisirs. Quand je l’ai rencontrée, elle vivait encore dans son petit appartement, en étage, pas adapté du tout. Cela faisait des mois qu’elle n’était plus sortie de chez elle, ce n’est pas l’envie qui manquait pourtant. Après une énième chute et un séjour de deux mois à l’hôpital, elle n’a pas eu d’autres choix, à 70 ans seulement, d’entrer en EHPAD. Depuis, je la visite dans sa petite chambre et la vie n’est pas très gaie. Heureusement, on trouve quand même des tas de sujets de conversations et je pourrais y rester des heures si je l’écoutais. Mais à chaque visite, elle me dit à quel point elle déteste cet endroit et en particulier le fait de n’être plus libre. C’est d’abord une chose de ne plus être libre de ses mouvements car votre corps s’affaiblit petit à petit, mais ce qui lui tenait à cœur, c’était ce sentiment d’être encore chez elle, et libre de recevoir qui elle voulait, de manger ce qu’elle voulait, quand elle le décidait. Depuis son entrée dans l’établissement, elle n’est plus retombée, les lieux sont plus adaptés donc elle peut, si elle le souhaite, monter et descendre les étages avec l’ascenseur, sans craindre les méchantes marches d’escalier. Elle voit au final plus de monde en une journée qu’en une semaine voire un mois dans son ancien appartement… et pourtant elle ne rêve que d’une chose : s’en aller.

Je crois qu’en vrai, elle ne se fait pas trop d’illusions, mais les heures qu’elle passe sur son ordinateur à écumer les annonces de location de studio lui permette de continuer à rêver. Elle a 70 ans et souffre de se voir au milieu de toutes ces personnes en fin de vie. Elle refuse de participer aux animations organisées quelles qu’elles soient – bon j’avoue que je la comprends … j’entends souvent les intervenants qui hurlent dans la grande salle, pour se faire entendre et comprendre, d’une quinzaine de chevelures blanches avachies (ou endormies ?) dans leur fauteuil…

J’ai mangé une fois avec elle dans la cantine, pardon, le restaurant (oui parce qu’un chef, un vrai, cuisine une partie des plats, ce n’est pas que du réchauffé apparemment…). Bon je ne commenterai pas le repas, sans sel et sans gras, car je ne suis pas difficile et que j’ai pratiquement fini mon assiette quand même, mais c’est vrai que de manger au milieu de 80 résidents, dans un silence quasi total, si ce n’est le bruit des assiettes qu’on dépose et qu’on ramasse – à moitié pleines – ce n’est pas super gai. Maintenant je dois reconnaitre que Noëlle mange plus équilibré, et en meilleure quantité à l’EHPAD que chez elle, où son seul repas de la journée consistait souvent en deux ou trois brioches Pitch et un café crème. Pour autant, elle s’affaiblit de mois en mois et déplore elle-même le manque d’activité physique (mais ça ne change pas vraiment d’avant) et surtout intellectuelle (elle devient complètement zinzin ici, comme elle me dit tout le temps).

Quand je l’ai vue la semaine dernière, elle venait d’apprendre que sa voisine de table, qui était une des rares personnes avec qui elle pouvait tenir un semblant de conversation sensée, était décédée subitement dans la nuit. Noëlle était très affectée. C’est aussi ça, le triste quotidien de l’EHPAD…

« Des fleurs, avant le pain », telle est la devise des Petits Frères des Pauvres… et je la trouve très belle, car je me rends bien compte qu’une vie sans fleurs, sans petits plaisirs, sans discussions, sans imprévus du quotidien est vidée de tout son sens, de tout ce qui fait sa beauté.

Je n’ai encore jamais parlé de mon projet à Noëlle, mais nos échanges sont précieux et je me prends souvent à regretter qu’il ne verra probablement pas le jour avant de nombreuses années encore. Oui car c’est exactement à des personnes comme Noëlle qu’il est destiné. Même si l’EHPAD semble le meilleur endroit pour elle actuellement, parmi le peu de solutions qui existent dans la région, j’espère que les prochaines Noëlle n’auront pas, à 70 ans seulement, à s’enfermer dans un établissement où elles ne se sentent ni à leur place, ni chez elles et qu’elles trouveront une multitude de lieux plus adaptés.

Quelque chose à vous dire …

Alors oui, c’est vrai, je n’ai pas été très loquace ces derniers mois … mais ce n’est pas parce que je me suis tourné les pouces … bien au contraire.

D’ailleurs j’ai même décidé de t’en parler en images car ce sera beaucoup plus parlant il me semble … et vu l’ampleur de la nouvelle, il fallait quand même marquer le coup !

PS: si toi par contre tu te tournes les pouces en ce moment … alors met les au boulot et vient nous filer un coup de main, on risque d’en avoir besoin !

« Si la vie n’est qu’un passage, sur ce passage au moins semons des fleurs »

La semaine dernière j’ai appris avec tristesse le décès du curé de ma paroisse. Il a tiré sa révérence à 75 ans, après une vie bien remplie au service des autres. C’est la première personne que je côtoyais de près que ce satané virus emporte, et ça rend le rend tout de suite plus réel, plus cruel, plus effrayant.

Le mois précédent, une de mes amies perdait sa maman subitement. Comment vivre dans un monde qui semble si injuste, si imprévisible ?

Loin de moi l’idée de te déprimer avec cet article, je crois que le monde et ses actualités s’en chargent déjà bien assez. Mais c’est vrai que chaque année, à cette période, pour moi c’est toujours un peu la déprime. Le mois de novembre arrive, avec le froid, la nuit, la pluie… Et puis cette année, on a le confinement avec plus que jamais un besoin de contact, de lien, de vie. Par dessus tout cela, il y a l’angoisse et l’incertitude face à ce virus qui chamboule tout notre monde.

Ne pas savoir de quoi sera fait demain, ça fait peur. Moi qui ne suis pas super aventurière et aime plutôt tout maîtriser, ça me déstabilise.

Alors je voudrais partager avec toi un appel à vivre dans le présent et à condamner la négativité ambiante. Il s’agit d’une interview du philosophe André Comte-Sponville que j’ai écoutée il y a peu. Il vient d’écrire un livre sur Michel de Montaigne, ce penseur humaniste qui « nous enseigne un art du bonheur modeste ». J’étais en train de faire du jogging, la tête pleine des pensées du moment, et ça m’a justement permis de relativiser. J’étais en bonne santé, un petit rayon de soleil perçait même les nuages de novembre, et ils ont passé un magnifique morceau de violoncelle… Il ne m’en fallait juste pas plus pour être heureuse, prendre conscience de ma chance et profiter de la belle journée qui s’annonçait.

« Le malheur c’est quand toute joie vous paraît impossible. Le bonheur c’est le contraire. Ce n’est pas du tout une joie permanente, constante. Le bonheur c’est toute période de votre vie où la joie vous paraît continûment possible. Pas toujours réelle, mais continûment possible. Plutôt que d’être malheureux de n’être pas heureux, Montaigne nous apprend à être heureux de n’être pas malheureux ! »

André Comte-Sponville, interrogé par Elodie Fondacci pour Radioclassique

À la fin de l’interview, j’ai était interpelée par le passage sur son rapport avec la mort, et ce que la lecture des écrits de Montaigne lui avait apporté. Ce n’est pas un sujet avec lequel je suis à l’aise et j’évite généralement de l’aborder (et encore plus d’écrire un article dessus…). Pourtant depuis que je suis maman, encore plus qu’avant, l’angoisse du temps qui passe, de la maladie, de la perte d’un être cher hante régulièrement mes pensées. Parfois rien que de savoir qu’une situation heureuse va prendre fin à un moment ou à un autre m’empêche de profiter pleinement de cette situation. C’est simplement humain, je crois, de vouloir s’accrocher à ce qu’on aime et à ceux qu’on aime non ?

« Évitons que la peur de la mort l’emporte sur l’amour de la vie »: tel serait le premier conseil que nous adresserait, d’après le philosophe André Comte-Sponville, le célèbre penseur du XVIe siècle, Michel de Montaigne, s’il vivait à l’heure de la pandémie de la Covid-19″

Extrait de l’interview d’André Comte-Sponville sur France Inter

Je t’invite à lire ou écouter l’interview complète, ça ne servirait à rien de tout paraphraser sur ce blog. De mon côté en tous cas c’est décidé, pour les vacances de Noël, j’emmène mon nouveau meilleur ami avec moi…

Et en attendant d’avoir appris comment aimer la vie dans toutes ses imperfections, je te laisse méditer une citation de Montaigne que j’ai beaucoup aimée… et le petit dessin qu’elle m’a inspiré.

Courage à toi, le printemps reviendra !

« Je veux qu’on agisse ! Et qu’on allonge les offices de la vie tant qu’on peut, et que la mort me trouve plantant mes choux, mais nonchalant d’elle, et encore plus de mon jardin imparfait. »

Michel de Montaigne, Les Essais, I, 20. 

L’union fait-elle la force ?

Si je devais retenir une chose de ma participation à l’appel à projet du réseau HAPA, et en particulier du passage devant le jury, c’est qu’être seule à porter un tel projet, c’est peu courant… et sans doute pas évident.

J’ai pu me rendre compte que les autres porteurs de projets étaient tous, ou presque, des collectifs ou des associations. Un des principaux conseils que m’a donné le jury était de surtout bien m’entourer et de ne pas sous-estimer l’apport et l’inclusion des personnes âgées, principales concernées par mon projet, dans sa conception.

Avoir l’énergie et la motivation d’une personne de 30 ans c’est bien, mais avoir le recul et l’expérience nécessaire pour créer un lieu destiné à un public aux besoins, aux difficultés, aux envies différentes c’est une autre paire de manches. Cette réflexion, le jury me l’a faite, et il y a fort à parier que les interlocuteurs que je serai amenée à rencontrer me la feront aussi. Ne pas rester dans le stéréotype ou l’idée, parfois idéalisée, qu’on se fait d’une vieillesse heureuse, telle semble la clé de la réussite.

Rejoindre le réseau HAPA m’a permis d’obtenir des contacts et d’en savoir un peu plus sur des projets similaires qui se sont montés en France. Force est de constater que la plupart se sont constitués en associations (Habit’âge ; Habitats des possibles ; Les Zazas ), en SCIC : Société Coopérative d’Intérêt Collectif ( hacoopa ; Maison De Cultures ) ou en fonds d’investissement solidaires (Familles Solidaires). De quoi remettre pas mal de choses en question pour mon projet et amener beaucoup d’interrogations…

J’ai l’espoir que le choix de la structure s’imposera au fil de mes avancées et de mes réflexions. Toujours est-il que je réalise chaque jour un peu plus l’importance de m’entourer localement de personnes souhaitant m’épauler dans le projet, d’acteurs du domaine voire pourquoi pas de potentiels futurs habitants.

Le temps ne presse pas après tout, et c’est suffisamment rare aujourd’hui pour ne pas en profiter ! J’ai donc vraiment envie de prendre le temps de construire un projet qui me ressemble, tant du point de vue de sa structure, des buts qu’il poursuit, de ce qu’il m’apporte personnellement, mais bien sûr aussi des solutions qu’il propose.

Je me suis donc lancé quatre objectifs principaux pour me permettre d’y voir plus clair d’ici la fin de l’année:

  • Octobre : devenir bénévole de l’association des Petits Frères des Pauvres qui propose une présence et une écoute aux personnes âgées isolées.
  • Novembre : prendre contact avec les membres du réseau HAPA dont les projets s’approchent le plus de ce que j’aimerais créer et mieux cerner les finalités, avantages et inconvénients des différentes structures possibles pour mon projet.
  • Décembre : établir enfin le questionnaire en ligne autour de mon projet que je repousse depuis si longtemps et qui me permettra pourtant de me rendre compte concrètement des besoins et attentes des seniors et de leur proches.
  • Dès que ce fichu virus nous aura laissés tranquilles… en janvier donc si on veut être optimiste : aller soumettre mon super questionnaire à plusieurs clubs du 3e âge des environs.

Bon le premier point est déjà en partie coché car je me suis dit qu’en attendant de voir plus grand, je pouvais dès à présent commencer par ce qui était à ma portée. J’ai pris contact avec l’antenne d’Annemasse des Petits Frères des Pauvres, j’ai rencontré leur responsable et je devrais très prochainement rentrer dans le vif du sujet. Quoi de mieux en effet, pour comprendre les besoins des personnes âgées, et les difficultés qui jalonnent leur quotidien, que de partager chaque semaine avec elles un petit moment, autour d’un café, à la bibliothèque ou simplement sur un banc dans un parc ? Je t’en parlerai plus en détails dans un prochain article mais la bonne nouvelle c’est que ,malgré le confinement, les visites aux personnes âgées sont maintenues. Au moins une chose qui ne soit pas complètement chamboulée ! Je t’invite chaleureusement à aller visiter leur site pour en apprendre plus sur leurs actions et qui sait, rejoindre à ton tour le mouvement !

Forfait pour l’habitat inclusif

Un habitat inclusif ? Mais qu’est-ce que c’est ? Et bien c’est un type d’habitat dédié aux personnes handicapées ou aux personnes âgées qui se veut comme une alternative à la vie à domicile ou en institution. On parle ici d’inclusion car on reconnait à chacun une identité propre, unique qui va venir s’inclure dans la structure, la modifier, l’enrichir. Chacun y est représenté à part égale et ses différences contribuent à la richesse de l’ensemble. J’aime beaucoup cette illustration que j’ai trouvée sur le site blog Hoptoys :

« L’inclusion sociale consiste à faire en sorte que tous les enfants et adultes aient les moyens de participer , de manière égal, en tant que membres valorisés, respectés et contribuant à leur communauté et à la société. »

Un habitat inclusif peut revêtir plusieurs formes, mais il doit impérativement être assorti, je dirais même construit autour, d’un projet de vie sociale et partagée. Souvent situé au cœur des villes, on y favorise l’autonomie, avec des accès aisés aux commodités, mais aussi l’autodétermination avec un choix laissé aux habitants concernant le degré de services qu’ils souhaitent dans leur vie de tous les jours, leurs activités… La mutualisation des ressources via des espaces partagés et l’organisation d’activités communes adaptées aux besoins et aux attentes des habitants sont primordiales.

Depuis 2017, le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’habitat inclusif qui est encore trop peu connu en France. Il a notamment édité un guide de l’habitat inclusif qui est très complet et, en 2019, la loi ELAN (loi pour l’évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) a créé un forfait pour le financement du projet de vie sociale et partagée.

En juin dernier, le département de la Haute-Savoie en collaboration avec la CARSAT et l’ARS a donc lancé un appel à candidature pour l’attribution d’un forfait pour le financement du projet de vie sociale et partagée d’habitats inclusifs. Son montant varie en fonction du type d’animations envisagées et du nombre d’habitants mais dans ce cas précis, il pouvait se monter jusqu’à 60 000 € par projet et par an, sur une durée de trois ans !

J’avais forcément très envie d’y répondre mais le cahier des charges m’effrayait un petit peu… il fallait, en plus d’un dossier de présentation du projet d’une vingtaine de pages, un budget de fonctionnement d’une année complète et un descriptif des animations et services envisagés. Autant dire que début juillet, je n’étais pas encore très fixée sur ces derniers points et je ne voulais pas proposer un dossier trop vague et non abouti. Avec regrets, je m’étais donc résignée à attendre une année de plus et de croiser les doigts pour que cet appel à candidature soit renouvelé.

Un grand merci à la famille Munier et à Marie-Amélie qui, il y a deux semaines de cela, m’ont convaincue de répondre et m’ont remotivée pour ne pas laisser passer cette opportunité. C’est à cela que ça sert d’être bien entourée non ? Qui sait si, en plus des grandes avancées que cela m’aura apportées au niveau du projet et de son fonctionnement, je n’en retirerai pas une visibilité et des contacts précieux en région Rhône-Alpes ?

J’ai donc travaillé d’arrache-pied pendant deux semaines pour rédiger le dossier de candidature et apporter les derniers points qu’il manquait à l’expert comptable pour boucler le dossier prévisionnel (à savoir le chiffrage des services proposés et des charges d’exploitation). Merci aussi à elle (du cabinet Eurex d’Annemasse) pour sa réactivité et ses conseils précieux. Le vendredi soir, j’avais donc entre mes mains le prévisionnel avec enfin quelques chiffres à mettre en face du projet : budget de construction, budget de fonctionnement, trésorerie, loyer estimé…

Après s’être battus avec l’imprimante pendant tout le week-end, le dossier complet, en six exemplaires, était bel et bien prêt dimanche soir et mon mari a pu l’apporter en main propre au département de l’Autonomie à Annecy (oui car pour le recommandé, on oublie vu que le dossier était dû pour le jour même à 15h…).

OUF je souffle !!! Il n’y a plus qu’à attendre la réponse dans… je ne sais pas quelques semaines, mois, années… non quand même pas mais je ne suis pas pressée, juste soulagée et super fière du travail accompli. Une vraie avancée dans ma réflexion et une motivation supplémentaire pour continuer sur ma lancée !

Allez Allez on se motive pour la rentrée !

“Les obstacles sont ces choses effrayantes que vous apercevez quand vous quittez votre but des yeux.”

Hannah More

Me revoilà après un superbe été passé à profiter de la vie, des amis, de la famille… à faire tout un tas d’activités dont le nom seul suffit à faire penser aux vacances… du catamaran par exemple !

Bon par contre me reposer… ça j’ai peut-être un peu oublié de le faire… et la semaine dernière, septembre a pointé le bout de son nez et… ben moi j’ai eu un gros coup de moins bien.

C’est peut être l’effet rentrée/jours qui raccourcissent/fleurs qui fanent au jardin… ou bien la charge de travail (et de stress) au boulot qui s’accentue juste ce qu’il faut pour passer ton seuil de tolérance… ou bien les quelques échéances pour mon projet de colocation qui accaparent une bonne partie de mon temps libre… ou tout simplement un léger déficit de sommeil… à mon avis tout cela en même temps qui a fait que je me suis sentie tout un coup… découragée.

Je ne sais pas si ça te fait ça aussi parfois mais, alors que je n’ai eu que des bons retours suite à mon dernier post sur ce blog et que les choses pour le projet avancent plutôt dans la bonne direction ces derniers temps, j’ai eu soudain l’impression de m’être embarquée sur un chemin de montagne beaucoup trop dur pour moi, sans entrainement, sans boussole, et avec des courbatures partout. Bref, ça doit être la Haute-Savoie qui me monte à la tête mais… je n’étais pas bien quoi.

Heureusement j’ai pu compter sur ma super famille pour m’aider à :

1 – me reposer

2 – me remotiver

3 – attaquer cette rentrée de plus belle

Oui parce qu’elle s’annonce chargée cette rentrée, avec deux appels à projets en ligne de mire !

Le premier c’est celui du réseau HAPA dont je t’ai parlé dans mon précédent article. Et oui, j’ai le plaisir de t’annoncer que j’ai été retenue pour la phase n°2 après laquelle les lauréats seront désignés. C’est une super nouvelle et déjà, les nombreux retours positifs sur ma petite animation m’avaient apporté énormément de motivation. Je dois maintenant présenter oralement mon projet à un jury régional puis répondre à leurs questions pendant une trentaine de minutes. C’est prévu le 15 septembre prochain alors croise les doigts pour moi !

Le deuxième c’est un nouvel appel à candidature, un peu plus localisé, et que je dois rendre pour fin septembre. Le dossier demandé est beaucoup plus complet et je crains de ne pas être à un stade suffisamment avancé. J’ai failli renoncer mais je crois que j’aurais beaucoup trop de regrets à laisser passer ma chance et je le vois plutôt comme une occasion supplémentaire d’avancer sur le projet, même si les délais sont super serrés. Je me dis aussi que toute occasion de faire parler de mon projet, surtout au niveau local, est bonne à prendre. Je t’en parlerai plus en détails dans mon prochain article !

En attendant je me mets au boulot, il n’y a pas de temps à perdre !

Courage à toi aussi, quelques soient tes ambitions, tes projets, tes aspirations. Prends soin de toi et fonce ! La montée a beau être difficile, le panorama à l’arrivée en vaut généralement le détour !

L’association Réseau HAPA lance son premier appel à projets !

Le réseau HAPA, pour HAbitat Partagé et Accompagné, est une association créée en 2017 par des porteurs de projets en vue de « contribuer au développement national des formes d’habitat partagé et accompagné pour que toute personne vulnérable puisse choisir librement un « chez soi » ».

J’en fais partie depuis peu, en tant que membre sympathisant dans un premier temps, et j’espère pouvoir faire parti du réseau en tant que porteuse de projet prochainement ! Cela me permettra de bénéficier du soutien et des conseils des autres membres lors de la création de la colocation, et par la suite, de contribuer moi aussi en partageant mon expérience. J’aime beaucoup cette idée que chacun apporte sa pierre à l’édifice en créant un projet dans sa région, à son image et à son échelle, mais qu’ensemble on créé aussi quelque chose de plus grand, de plus fort.

Il y a quelques semaines, j’ai vu que le réseau HAPA, en partenariat avec Malakoff Humanis, organisait son tout premier appel à projets. Huit porteurs de projets seront sélectionnés et bénéficieront d’un accompagnement individuel et d’une formation collective de sept jours. Un support financier de 5 000 € leur sera aussi attribué pour faciliter le lancement de leur projet.

J’ai eu envie d’y répondre car ça me semblait une excellente opportunité de faire le point sur l’avancement de ma réflexion et une grande source de motivation supplémentaire pour avancer sur le projet. Je l’avoue je fonctionne parfois un petit peu au bâton et à la carotte… D’ailleurs la date finale de rendu était hier, le 17 juillet, à minuit… et j’ai envoyé mon dossier… à 23h30. Mais ouf, j’y suis arrivée !

Bien évidement je serais honorée de passer la première phase de sélection mais je peux d’ores et déjà dire que cela m’a fait du bien de faire ce petit bilan et de voir que, même si le chemin reste encore très, très long, j’ai beaucoup avancé dans ma réflexion ces derniers mois. Il y a même du concret qui se profile à l’horizon mais bon, ça je t’en parlerai le moment venu, si tout se passe comme on l’espère…

En attendant, je voulais partager avec toi une animation que j’ai faite pour accompagner mon dossier écrit. J’ai trouvé cela plus parlant qu’un simple texte et c’est dans la même veine que les illustrations de mes articles de blog. Je l’ai imaginée pendant des semaines, en ai écrit le script la semaine dernière et … après quelques soucis techniques qui m’ont obligée à changer mes plans, l’ai réalisée et montée en deux jours. Alors ce n’est pas parfait, mais ça vient du fond de mon cœur.

(Tu remarqueras aussi que j’ai créé une chaîne YouTube pour l’occasion…)

Bon visionnage !

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