Le projet

Une question si longtemps évitée qui arrive et s’impose… Et maintenant, on fait quoi ?

Un délai pour répondre de 3,5 secondes… Est-ce qu’on fait le bon choix ?

Un choix en réalité très limité et beaucoup de remords… Est-ce qu’on n’aurait pas pu mieux anticiper ?

La jolie dame au-dessus c’est ma grand-mère : Mamie Antoinette et je dois t’en parler, parce que tout part de là…

87 ans, 66 années de mariage, 2 grandes filles, 7 petites filles – 1 petit fils chéri – et bientôt 10 arrières-petits enfants à son actif !

Une belle et grande famille qui apprécie toujours de se retrouver mais qui est surtout disséminée aux quatre coins de la France, quand ce n’est pas de l’Europe… Donc bien loin des terres normandes de mes grands-parents.

Depuis 1953, date de leur mariage, mes grands-parents n’ont habité qu’une seule maison : une belle ferme normande – un clos-masure pour être exact – au calme, avec de l’espace et un grand jardin. Ou, si on le voit sous un autre angle : isolée , pleine d’escaliers et qui demande un travail à temps plein pour l’entretenir…

Alors voilà, le jour où Mamie Antoinette pose le pied sur un pavé tout glissant devant sa maison, tombe, se casse la hanche et se retrouve en fauteuil roulant dans sa maison pleine de marches… Comment fait-on ?

Quand, avec sa vue qui baisse, prendre la voiture devient inconcevable… Qui va chercher le pain ?

Et enfin au moment où cette foutue maladie d’Alzheimer progresse tellement qu’il devient impossible de se laver, de s’habiller, de cuisiner… Est-ce que Papy, du haut de ses 92 ans, arrivera à faire pour deux ?

On le sait tous qu’on va vieillir non ? Ça ne fait plaisir à personne d’y penser mais faire l’autruche est-ce mieux ?

On va à l’école, on fait des études, on prépare des mois à l’avance l’arrivée d’un enfant, on remplit des tas de dossiers pour la retraite… Pourquoi ne prévoyons-nous donc pas la vieillesse ? Je réalise qu’aujourd’hui, la fin de vie est trop souvent synonyme de décision hâtée, subie, de déchirement . Une transition choisie, plus en douceur ne serait-elle pas envisageable ?

Dans un premier temps, ça m’a un peu consternée, ce manque d’anticipation au sujet de mes grands-parents… ensuite ça m’a fait peur, car il faudra bien qu’ils le fassent, ce choix, mes grands-parents aujourd’hui, mes parents demain… moi, un jour…

A la fin, ça m’a surtout fait réfléchir… enfin encore plus. Oui parce qu’à trente ans on s’en pose déjà plein des questions !

Et puis un jour de février 2018, j’ai vu un reportage au sujet de la Maison Marguerite à Tence… et ça a été comme une révélation ! En voilà une superbe proposition ! Mme Decultis, que j’aurai d’ailleurs l’occasion de rencontrer par la suite, confie avoir créé cette maison comme une alternative qu’elle même aimerait trouver pour bien vieillir.

S’en est suivi de nombreuses recherches, et la découverte d’autres initiatives du même type (Maisons Âge et Vie, Espinaux Coloc, les Maisons Partagées de l’association Ages Sans Frontière…), chacune avec ses spécificités mais toutes porteuses d’espoir.

Mon souhait, dans les prochaines années, seraient de créer à mon tour, en Haute-Savoie, une alternative viable pour les personnes âgées dont la place n’est pas en EPHAD et qui aspirent à trouver un lieu plus convivial, plus sûr peut-être ou tout simplement plus vivant que leur domicile actuel.

L’endroit, la forme, le moment restent à définir mais ce blog me permet de garder une trace de toutes ces réflexions et de te donner envie de m’accompagner sur le chemin. Elles aboutiront un jour, ça j’en suis certaine, à un très beau projet. Peut-être alors, sèmera-t-il à son tour, espoir et courage aux bâtisseurs de demain.

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